L'origine du picot remonte au début du siècle où une religieuse a ramené cette technique d'Irlande. C'est une véritable petite industrie qui s'est créée dans le pays bigouden, autour de cette technique. Chaque femme, chaque fillette, et même des garçons , maniaient avec habilité le petit crochet. Les familles de marins pêcheurs étaient pauvres, et cette industrie a permis à de nombreuses familles de survivre. Cette technique permet de réaliser des cols, des gants, des napperons, des corsages. Pour les costumes traditionnels, les femmes du pays de Rhuys dans le Morbihan, l'utilisaient pour leurs châles. Certains points reviennent souvent : les clochettes, les " huit" la roue. Tous ces motifs sont faits séparément et reliés entre eux ensuite par un point de filet.
LA BRODERIE BLANCHE
Broderie traditionnelle que l'on retrouve sur tout le linge de maison : draps, nappes, mais aussi sous-vêtements, chemises, caracos, chemisiers etc. .... Les techniques employées sont en général :
Le plumetis : il permet de broder en relief les initiales, les fleurs etc. ...
Le point de bourdon : il s'emploie pour les lettres, les tiges des motifs floraux, les ourlets, les barrettes....
Le point de n½uds : il remplit des surfaces délimitées par un point de bourdon ou de feston.
Le point de feston : il délimite les bordures, les ourlets, toutes les parties découpées d'un ouvrage. On l'utilise aussi pour des barrettes.
La broderie anglaise : broderie ajourée brodée au point de bourdon très fin.
Toutes ces techniques s'emploient sur toiles de coton, de lin, etc., blanches en général, mais à une certaine époque, l'utilisation de toiles et de fils de couleur a été très prisée.
TULLE BRODE
Le tulle était employé en Bretagne pour broder les coiffes , les châles comme à Concarneau, les manchettes, les tabliers des communiantes, les robes de baptême, les robes de mariées etc.. ; mais aussi pour broder des napperons. On retrouve ici cette technique dans les différents modèles de coiffes, ainsi qu'en incrustation sur du linge.
LE FILET BRODE
Les femmes ont acquis depuis des génération la dextérité pour faire ou ramander les filets de pêche de leurs pères ou de leurs maris. Aussi adoptèrent-elles cette technique pour leurs coiffes ; technique qu'elles embellirent avec l'aide du tulle et de différents points de remplissage. on emploie également cette technique pour des rideaux.
LE PERLAGE
Dans tout le Finistère, et dans une grande partie du Morbihan, l'emploi des perles s'est répandu. Il a connu son apogée dans les années 35-40. Des costumes entiers ont été ainsi recouverts de motifs brodés de perles.
LES COSTUMES BRETONS
Sont présentées ici deux modes vestimentaires de Basse Cornouaille : un couple de Quimper et un couple de Pont-l'Abbé.
La mode de Quimper : Le costume de l'homme a la particularité d'être de couleur bleue, ce qui lui a donné son nom de "glazic" le petit bleu. Les couleurs de la broderie traditionnelle sur les gilets des hommes sont le jaune, l'orangé, le vert le rouge et le blanc. Ce sont des motifs floraux pour les plus récents, tandis que les plus anciens arboraient des motifs géométriques. Sur la veste, il faut remarquer une rangée jaune brodée au point appelé "drenn pesket" ou arête de poisson. Le costume de la femme est en velours noir entièrement rebrodé. Les quimpéroises ont adopté les perles et surtout la cannetille d'or ou d'argent, les perles de verre et les strass. Certains costumes du Porzay (région située à l'ouest de Quimper) sont d'une extrême richesse. On peut les admirer lors du traditionnel Pardon de Sainte Anne La Palud le dernier dimanche d'août. Les motifs floraux, la fleur de lys et les épis de blé sont une des caractéristiques de ce costume. Une particularité, les larges rubans des chapeaux des hommes sont perlés de perles multicolores et bordées de franges également en perles.
La mode bigouden : Elle a su développer une mode bien particulière. Les costumes d'hommes comme ceux des femmes sont entièrement recouverts de broderies de couleur jaune et orange qui ont fait connaître le travail des brodeurs , bien loin des frontières du pays bigouden. Ces broderies sont constituées de motifs bien spécifiques, qui ont chacun leur signification : la planète : le destin ; le soleil : la joie ; la chaîne de vie : la confiance en Dieu etc. Certains de ces motifs se retrouvent curieusement sur des costumes traditionnels anciens de Russie, d'Ukraine et de Slovaquie. On trouve également sur les costumes bigoudens d'autres points tels que le "drenn pesket"(arête de poisson), le point de chaînette, le point de bourdon. Les derniers costumes bigoudens de femmes datant des années 1945-1950, ont été perlés, abandonnant ainsi leur broderie spectaculaire au profit des perles.



